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Le musée et ses expositions

Expositions permanentes

 

Situé sur les bords du lac de Paladru, le Musée présente les découvertes des fouilles archéologiques effectuées dans le lac. Deux sites engloutis ont été fouillés par les archéologues : le village des " Baigneurs " datant de la fin du Néolithique (2700 ans av J.C), et l'habitat médiéval de Colletière (1006-1038 ap. JC). Les plus beaux objets retrouvés par les archéologues sont exposés dans le musée et donnent, avec l'aide des maquettes et d'un audiovisuel, un aperçu de la vie quotidienne pour ces deux périodes essentielles de l'histoire.

Nos villages ont 5000 ans
L'exposition retrace la vie quotidienne au Néolithique d'une des toutes premières communautés d'agriculteurs, éleveurs et artisans du bord du lac de Paladru.

Environ 2700 ans avant notre ère, une communauté appartenant à la civilisation Saône-Rhône s'installe au bord du lac. Profitant d'une baisse du niveau des eaux, elle y construit un village composé de grandes maisons rectangulaires et entouré d'une palissade.

De grands pieux de sapin, régulièrement espacés et profondément enfoncés dans la craie, constituaient l'armature des maisons. Entre ces pieux des baguettes verticales, souvent en noisetier, maintenaient des éléments végétaux (branches, roseaux, mousses) qui formaient les murs. La couverture du toit était elle aussi entièrement végétale.

Des nappes d'argile étaient étendues au sol pour recevoir les foyers domestiques.

On estime la population de cet habitat, composé de 5 à 6 grandes maisons, à environ 30 à 40 personnes.

 

Cette seconde occupation, de même durée que la première, fut suivie d'un abandon définitif et de la remontée des eaux.

Après cette première occupation du site (environ 30 ans), les hommes partirent à quelques distances. Ils revinrent 30 ou 40 ans plus tard et reconstruisirent les maisons ruinées.

 

Introduite depuis le IVème millénaire dans les Alpes, l'agriculture est l'activité qui caractérise la révolution néolithique.

Aux Baigneurs, après déforestation comme l'indique l'étude des pollens fossiles, on pratiquait la culture des céréales (blé, orge), l'élevage (chèvres, porcs, bœufs et moutons). Mais l'alimentation restait encore très dépendante de la pêche, de la chasse et de la cueillette

Le néolithique se caractérise, entre autres innovations, par l'invention des vêtements en tissu, donc par un artisanat textile.

Si les gisements de cette époque livrent en abondance les fusaïoles, accessoires en terre ou en pierre liés au filage, le site des Baigneurs présente des éléments que l'eau a conservé, comme des fuseaux, des peignes à tisser, des pelotes de fil et des fragments de tissu.

L'outillage de pierre est représenté par des haches polies et toute une variété de silex dont les formes sont adaptées à leur usage : racloirs, grattoirs.

Fait unique en France, des poignards de silex ont été trouvés encore munis de leur manche en bois.

Les récipients en terre cuite se présentent sous des formes variées adaptées à leurs fonctions vases de grandes dimensions pour le stockage et la cuisson, vaisselle de plus petite taille pour boire et manger.

Cette société sédentaire connaît les échanges commerciaux : la composition des parures (cuivre du Languedoc, calcite des Prés Alpes et surtout ambre de la Baltique) atteste la circulation des biens.

 

 

Pour en savoir plus :

http://bocqueta.club.fr/index.htm

Chevaliers-paysans de l'an Mil
Outils, armes, jeux et instruments de musique, exceptionnellement conservés par les eaux du lac, offrent une image inattendue de la vie quotidienne d'un groupe d'hommes installé voici mille ans dans l'habitat fortifié de Colletière. Maquettes et vidéo vous feront voyager au temps des " chevalier-paysan " de l'an Mil
Dans le courant du Xème et au début du XIème siècle, grâce à une amélioration du climat, les eaux du lac ont baissé de plusieurs mètres. Dans ce contexte favorable, trois habitats sont groupés sur les rives du lac de Paladru ; le village des Grands Roseaux à Paladru paraît le plus grand, celui de Colletière vient ensuite, l'habitat du Pré d'Ars était probablement le plus petit. L'installation de cette population, accompagnée d'une déforestation intense, relève d'un phénomène de colonisation qui correspond bien à ce que l'on connaît de l'essor démographique général de l'Europe vers l'an mil.

L'habitat fortifié de Colletière comprenait trois à cinq grandes maisons caractérisées par une puissante armature de troncs de chêne et de hêtre, des murs de clayonnage, des toits de chaume.

Autour d'une grande cheminée centrale se répartissaient des pièces d'habitation, une étable-bergerie, des réserves pour les récoltes et des ateliers.

Des jardins (pois, chanvre, lin) et des vergers (cerises, prunes, noix, noisettes) occupaient les pentes proches.

La forêt (chênaie, hêtraie) avait été abattue en grande partie, libérant d'assez vastes espaces pour le pâturage des bêtes (moutons, chèvres, bœufs, chevaux) et la culture (seigle, blé, orge, avoine).

Il en restait malgré tout suffisamment pour alimenter les porcs (glands, faînes).

 

Les fouilles de cet habitat ont livré une exceptionnelle variété d'objets qui présentent la vie quotidienne vers l'an mil.

Le plus beau bijou trouvé était destiné à embellir le harnais d'un cheval.

La parure révèle un niveau de vie élevé : broches et pendentifs en étain, bagues en cuivre...

Les objets de bois sont parfaitement conservés : cuillères, plats tournés, rabots, quenouilles, fuseaux. Agriculture, élevage, tissage, travail du cuir, du bois, métallurgie, tout est pratiqué sur place et donne aux habitants une large autonomie.
 
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